La vigne, un an de travail et une récolte incertaine

 

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Il le cache bien mais, enfoui sous son long ciré vert, le stress monte chez Michael Goulin. A 31 ans, il entame sa quatrième année de vendanges. Et il y a des grands risques que ce soit la pire. Il y a eu la gelée d'avril, la météo maussade du printemps et, surtout, la « maladie » comme on l'appelle. Le mildiou, le même qui a décimé les tomates des jardiniers du Pays de Retz. L'été a bien fait grossir les raisins mais les vignes ont manqué d'eau sur la fin. « On s'attend à récolter moitié moins de raisins que l'an dernier, c'était une excellente année », prédit Michael Goulin.

7 h 30. Il fait encore nuit lorsque les tracteurs rejoignent la première parcelle. Une certaine excitation plane dans l'air. Une année de travail pour aboutir à ce moment. « Et une année à venir qui en dépend », lâche Michael Goulin. L'arrière grand-père de Michael, qui a lancé la vigne familiale en 1929, avait une expression pour résumer ces aléas météorologiques. « On n'embrasse pas que les belles », disait-il. L'incertitude, composante essentielle de la vie d'un viticulteur. « Notre moteur, c'est l'espoir », résume Antoine, le père de Michael.

Un travail de longue haleine

La machine vient de terminer la première rangée, secouant les branches pour en extraire le raisin. Michael suit fiévreusement à pied, lampe frontale vissée au front. Le repère pour prédire la récolte ? Le nombre de rangées qu'il faudra pour remplir la benne. Après une quinzaine de rangs, la machine vide sa première livraison. La benne n'est pleine qu'à un tiers. Autour de la remorque, les mines sont inquiètes.

Petit à petit, les autres viticuteurs de la Cuma de l'Acheneau arrivent, sous la pluie. A l'abri d'un chêne, emmitouflés dans de longs cirés kakis, ils partagent leurs inquiétudes. « Le choix le plus difficile pour un viticulteur est de décider s'il doit passer la machine dans ses rangs ou non, glisse ce producteur voisin, originaire des Pays-Bas. Les mauvaises années, commes celles-ci, il y a tellement peu de raisins par endroits que la question se pose. Mais c'est très difficile d'y renoncer quand on voit le travail réalisé à l'année. » Car si les caméras se braquent sur les vignes une fois par an, au moment des vendanges, le vin est un travail de longue haleine. La taille, d'octobre à mars, est un boulot de titan, puis il faut réparer les piquets, ébourgeonner comme les plants de tomates, traiter, refaire les palissages, désherber, etc.

Ces vendanges devraient durer trois semaines. La machine sera partagée par les cinq agriculteurs qui composent la coopérative. « On établit un planning, l'idée c'est que la machine ne s'arrête jamais. Le matin, on démarre à 5 h avec le domaine des Hautes-Noëlles de Saint-Léger. Ils sont en bio et doivent donc l'utiliser quand elle est propre. » Les 110 000 pieds de vigne de ce fief Saint-Mars seront vendangés au tracteur. 75 % de la récolte partira à un négociant sous forme de jus de raisin. Le reste sera vendu au domaine, à des particuliers, de plus en plus nombreux à acheter le vin Made in Pays de Retz.

Kate STENT.

 

 

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